Il y a des rencontres qui cimentent et structurent un projet. Quand nous avons lancé Carnages en 2015 avec le projet « Douce Nuit » (« Le Père Noël a les boules »), nous nous sommes mis en quête d’un pro de l’image, sur la région Aquitaine, pour donner vie à nos visions, et nos envies.

C’est comme ça que nous avons rencontré FX Faidy. Un type extra-ordinaire, jovial, bosseur, disponible et immensément doué. Si vous aimez le look des films Carnages depuis « Douce Nuit », c’est lui qu’il faut remercier.

Depuis on le lâche plus. Nous n’imaginerions même plus faire un projet sans lui. L’image de Carnages, c’est lui.

Mais FX, c’est aussi un bourreau de travail, qui enchaîne les projets. Directeur photo donc, mais aussi chef opérateur, Photographe et réalisateur (Les chroniques de Don Moilfric), il ne s’arrête JAMAIS !!!

Il a tout de même trouvé un peu de temps dans son planning bien tassé pour répondre à ces quelques questions, nous expliquer son boulot, son rôle sur le tournage, sa vision et ses influences :

Qui es tu FX Faidy ?
Je suis à la base un amoureux de l’image, et notamment de la photographie. Non pas la photographie communément connu comme un art, ni même la quête de incessante de « l’instant », mais bien dans le sens étymologique du terme : S’exprimer avec la lumière.

Explique nous ton rôle sur le tournage
Mon rôle, en tant que Chef Opérateur, est la fois simple et complexe.
Je dois réaliser l’image du film. C’est simple. En gros, je suis aux ordres du réalisateur qui lui met en scène, et lui faire son image.
Mais là ou c’est complexe, c’est que l’image ne se suffit jamais à elle même. Prendre une camera et filmer directement, c’est possible, mais c’est pas ce qu’on attend de moi. La base, c’est de comprendre la mise en scène et là où le réalisateur veut amener le film et le spectateur. De ce fait, je fais mettre en avant tous ses éléments clefs (lieux, acteurs, objets) en lumière, que le reflet de cette lumière sur ces éléments puissent mettre en valeur la scène. On peut comparer cela à la couleur en peinture. Puis j’utilise, tel un peintre et sa toile, ma palette de pinceaux, les objectifs pour donner un angle de vue à cette scène. Et enfin, en guise de toile, la camera (et son capteur) qui est l’ultime intermédiaire entre la scène et le spectateur. Un chef op, c’est un peu le catalyseur de l’image du film.

Un chef op, c’est un peu le catalyseur de l’image du film.

As-tu travaillé sur d’autres courts métrages ? 
Beaucoup, beaucoup trop d’ailleurs.
Je me suis même perdu en chemin et grâce à ce projet, je me re-concentre sur l’essentiel : toucher un plus large public, me donner a fond dans un projet sérieux et viable, et j’espère, pouvoir travailler sur des projets encore plus sérieux et passionnant par la suite.

Tu as bossé sur tous les films Carnages. As-tu un petit chouchou ?
Mon film Carnage préféré à été Victoire. Je crois qu’avec lui, on a été loin dans l’expression, notamment des actrices. Je regrette juste de ne pas avoir l’expérience et la connaissance que j’ai à ce jour, car en terme d’image j’ai pas forcement été au top. En plus, c’est le seul où on vois, en plus d’un mort et du sang (une habitude), surtout une naissance. Pour moi ce projet à aussi été la naissance de mon implication dans Carnages. Tout un symbole.

Qui sont tes maîtres ?
« Chivo », mon maître, notre maître à tous. (ndlr : Emmanuel Lubeski)

Pour moi Children of Men est un putain de film inspirant en terme de technique photo, ainsi que tous les autres films fait avec Lubeski.
Les films de Jeunet, la cité des enfants perdus notamment, mais aussi Amelie Poulain sont dans des univers que j’adore, et qui ose en terme d’image. J’aime aussi la rigueur photographique dans les films Wes Anderson, et son coté millimétré, cadré parfaitement. Les films de Kubric beaucoup aussi.

Tes goûts cinoche ?
Attention la liste est trop longue.
Je ne vais sortir que des films que j’ai en tête a cet instant, mais la liste est tellement longue. Et beaucoup de films qui sont rentré depuis dans le Mainstream …
Brazil, Star Wars, Fight Club, Pulp Fiction, La cité des enfants perdus, Children of men, 2001 et l’oeuvre de Kubric …
Un coup de coeur ressent est Premier Contact de Denis Villeneuve,
Et le dernier film français à m’avoir touché est Les Combattants, tourné dans la région.

Comment abordes tu le projet « Blondie Maxwell » ?
Pour l’instant je l’ai abordé avec beaucoup de distance, car j’ai eu beaucoup de projets à finir avant, et je n’ai pas pu me concentrer autant dessus que le Réal. Je fais cela pour être + serein ensuite et pouvoir être à 200% dessus une fois débarrassé de tout le reste, sans rien pour me perturber ou me déconcentrer.
En fait je suis relativement serein car je connais Julien, et je sais ce qu’il veut. Et il sait obtenir de moi ce qu’il veut, même sur des projets « à l’arrache » et sans concertations. Mais vu l’ampleur du projet, il y a besoin d’une forte concertation et préparation.
Julien sais ce qu’il veut. Au point où il m’a donné tellement d’éléments que je vais devoir potasser tout cela pendant plusieurs jours (lol).
Il va falloir que je donne le meilleur de moi-même pour ce projet, et même au dela, que j’amène une dimension nouvelle à mes images. Vaste programme !

Quelques liens essentiels : 
Sa chaîne Youtube
Son site web
Sa page Facebook

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